Energie

❚ Parallèlement au prix du pétrole, celui de l’urée s’est effondré de $ 9,8 la tonne au pic de la crise à $ 475 début juillet avec une baisse de 30 % de la demande mondiale. Par ailleurs, la Chine est revenue à l’exportation. Il y aurait encore à la fin juin 900 000 tonnes d’urée flottante dans le Golfe. La situation demeure, par contre, critique pour le soufre.

❚ Sur les premiers mois de 2026, l’Europe a importé 9,89 Mt de GNL de Yamal (+ 18 %) contrôlé par Novatek, mais dont Total et le chinois CNPC sont aussi actionnaires. Les tonnages se sont répartis entre la France (3,6 Mt, mais avec des réexportations), la Belgique (2,9 Mt) et l’Espagne (2,7 Mt).

❚ On commence à parler de la renaissance d’un réseau d’oléoducs allant du Golfe (Irak) vers la Méditerranée. Chevron serait en dissensions avec le gouvernement irakien et des intérêts syriens sur un projet de Kirkouk à Baniyas en Syrie sur la Méditerranée. Chevron, par ailleurs, se renforce dans l’exploitation de pétrole dans le sud de l’Irak.

❚ Le marché de l’hélium, un sous-produit du gaz naturel dont le Qatar produit un tiers de l’offre mondiale, reste tendu. L’autre producteur est la Russie, qui exporte sur la Chine, qui en réexporte une partie, notamment vers l’Europe. Or, la Chine a décrété un embargo sur ses exportations d’hélium…

❚ Fin juillet, un navire chargé d’essence provenant d’une raffinerie indienne est arrivé en Russie, illustrant ainsi les pénuries russes. La raffinerie indienne d’où provient cette essence est contrôlée à 49 % par Rosneft.

❚ Sur le dernier week-end de juillet, la circulation de navires tant par Ormuz que par Bab El-Mandeb restait fortement perturbée : onze navires par Bab El-Mandeb le 26 juillet, une dizaine par Ormuz pour l’essentiel à la sortie des cargaisons destinées à la Chine et donc… intouchables !

❚ L’interdiction d’exportation de diesel par la Russie sur le mois de juillet a provoqué une onde de choc sur les marchés. D’habitude, la Russie exportait à peu près 800 000 bj de diesel, mais déjà, en juin, les exportations n’étaient plus que de 400 000 bj.

❚ Forte augmentation des marges de liquéfaction du gaz naturel aux États-Unis : $ 6,45 le mbtu au second trimestre 2026 contre $ 3,82 au premier trimestre.

❚ En 2025, les échanges mondiaux de GNL se sont élevés à 436,98 Mt (+ 6,3 %) d’après l’International Gas Union. L’Europe a importé 126,2 Mt, l’Asie-Pacifique 168,7 Mt. Les principaux exportateurs sont les États-Unis (110,74 Mt) devant le Qatar (81,51) et l’Australie (80,32).

❚ Le pétrole brut russe est revenu à des situations de « discount » sur le Brent. Des cargos pour août sur l’Inde se traitent à $ 7 le baril sous le Brent (durant l’été 2025, on était entre $ 1 et $ 3 en dessous).

❚ En juin, les Émirats arabes unis ont poussé leur production de pétrole à 3,8 Mbj au plus haut depuis avril 2020 : un signe de leur volonté d’atteindre rapidement les 5 Mbj en dehors de l’OPEP.

❚ D’après un sondage de Reuters, réalisé auprès d’analystes, le déficit mondial de pétrole en 2026 serait de 1,5 Mbj. En 2027, l’excédent serait de 1,9 Mbj.

❚ Face aux menaces houties de blocage du détroit de Bab El-Mandeb, la solution du passage par Suez est problématique pour les VLCC : ceux-ci pour passer devraient décharger une partie de leur pétrole pour le faire passer par le pipeline Sumed et le recharger ensuite. Et ensuite, pour aller en Asie, il faut faire le tour de l’Afrique ! Depuis avril, l’Arabie saoudite a expédié 4,5 Mbj par la mer Rouge et Suez en provenance d’Asie vers l’Europe.

❚ D’après Kpler, les exportations de pétrole brut et de condensés des pays du Golfe ont atteint 12 Mbj sur la première quinzaine de juillet. Vortexa l’estime à 13,06 Mbj et le secrétaire à l’énergie américain par le de 14 Mbj.

Energie (suite)

❚ En juin, la Chine n’a importé que 7,12 Mbj de pétrole, le niveau le plus faible depuis octobre 2016 (– 41,3 % sur un an), dont 6 Mbj par voie maritime (et seulement 800 000 d’Iran). Le raffinage a diminué de 17,7 % à 12,47 Mbj. Les stocks auraient donc diminué de 940 000 bj.

❚ Les marges de raffinage atteignent un peu partout des niveaux record. Aux États-Unis, le « 3-2-1 crack spread » est presque à $ 70 le baril ! En Europe, sur le diesel, on est à $ 60 le baril.

❚ C’est le 25 juin que, pour la première fois depuis le 8 mars, que du pétrole brut a été chargé dans le port saoudien de Ras Tanura.

❚ La Chine vise 50 % d’énergies renouvelables dans son mix électrique en 2030, d’après le plan quinquennal qui vient d’être publié.

❚ Fin juin, la situation sur les marchés physiques du pétrole s’était inversée. Alors que les futures étaient en contango, les primes pour le physique sont devenues négatives : 27 cents pour le baril de Dubaï, 96 cents pour celui d’Oman, 45 cents pour le Midland américain, $ 8 à $ 10 pour les bruts africains.

❚ La perspective de la réouverture d’Ormuz a fait flamber les frets tankers. À l’extérieur d’Ormuz un VLCC dans le golfe d’Oman est à $ 190 000 par jour. À l’intérieur du golfe Persique ont est à un niveau record de $ 470 000/jour. Et, en plus, les primes d’assurance ont diminué de 5 % à 3 % (valeur de la coque).

❚ On parle en Russie d’un embargo sur les exportations de diesel du fait de la situation domestique. En avril, la Russie avait exporté 3,25 Mbj de diesel, notamment vers le Brésil et la Turquie.

❚ L’OPEP+ augmente encore ses quotas de pétrole de 188 000 bj à compter d’août. En réalité, la production de l’OPEP+ en mai a été de 33,13 Mbj contre 42,77 Mbj en février. Derrière la façade d’unité, c’est maintenant l’Irak qui réclame une augmentation substantielle de son quota (on parle de 7 Mbj sans trop y croire).

❚ Le retour « à la normale » semble se faire assez rapidement pour le Koweït. L’Émirat, qui produisait 2,5 Mbj de pétrole, était tombé à 580 000 bj en mai. Fin juin, on était revenu à 1,9 Mbj.

❚ Les exportations russes de GNL ont augmenté de 9,9 % au premier semestre 2026 à 16,6 Mt : 9 Mt vers l’Europe (+ 14 %). Normalement, l’Europe (UE) devrait cesser ses importations fin 2027. En juin, le JKM en Asie était à $ 17,3 le mbtu contre $ 13,19 pour le TTF européen.

Métaux

❚ Malgré la hausse des prix du cuivre, celle des marges de raffinage (TC) continue à s’effondrer : $ 80 la tonne en 2024, $ 21 en 2025 et zéro pour 2026, en ce qui concerne les contrats de référence. Sur le marché spot, elles sont négatives, les « smelters » ne s’en sortant que grâce à la récupération des métaux secondaires et plus récemment grâce à la vente de l’acide sulfurique. La Chine est responsable de cette surcapacité métallurgique avec 14,72 Mt installés à fin 2025 (+ 8 %). Fin juin, les TC « spot » s’affichaient à –$ 126,80 la tonne.

❚ La Chine devrait importer un record de 1,3 milliard de tonnes de minerai de fer en 2026. Ceci s’explique en partie par la baisse de la teneur moyenne du minerai importé (60,2 %). Macquarie anticipe un prix moyen pour le 62 % à $ 103 la tonne en 2026 et $ 97 en 2027 avec la montée en puissance de la Guinée.

❚ Sur son année fiscale 2026, BHP a exporté 291,2 Mt de minerai de fer à un prix moyen de $ 84,56 la tonne (wet ton). Pour Rio Tinto, la moyenne du prix au premier semestre 2026 a été $ 85,02.

❚ Morgan Stanley anticipe un déficit réduit de 1,1 Mt pour le marché de l’aluminium en 2026 et un excédent de 830 000 tonnes en 2027. Sa prévision de prix moyen en 2027 est de $ 2 850 la tonne et, pour le deuxième semestre 2026, elle est de $ 3 150.

❚ À l’issue du G7, les pays membres et l’Australie se sont donné l’objectif de réduire à 60 % leur dépendance à un seul fournisseur (ie. la Chine) à l’horizon 2030 pour les terres rares.

Métaux (suite)

❚ Le débat est intense à propos de l’usine d’alumine de Aughinish en Irlande, la plus importante d’Europe, mais contrôlée par Rusal. 51 % de sa production part en Russie, mais le reste va à Dunkerque et en Suède. Faut-il la sanctionner ?

❚ Le marché de l’aluminium a presque oublié la guerre du Golfe malgré la perte de quelque 2 Mt de production. C’est que ces tonnages sont compensés par la Chine et l’Indonésie. La Chine a augmenté de 10 % ses exportations de demi-produits au premier semestre. Quant à l’Indonésie, ses exportations d’aluminium primaire ont augmenté de 55 % au premier semestre. Le paradoxe est que les dernières raffineries indonésiennes fonctionnent au charbon…

Grains

❚ D’après Argus, la Russie devrait produire un record de 91,2 Mt de blé en 2026/2027 (dans une fourchette de 88,5 à 93,9 Mt). On s’approche du record de 96 Mt de 2022/2023.

❚ D’après l’IGC, l’impact de la canicule en Europe sur la production de maïs dans le monde serait de 4 Mt avec une prévision de 1 306 Mt. La France voit sa prévision de production passer de 12 à 9 Mt.

❚ Les tensions en mer Noire, qui limitent les exportations ukrainiennes et russes de blé, ont poussé les prix à la hausse. Ceci pourrait aussi profiter aux exportations européennes, notamment en provenance de Bulgarie et de Pologne. L’Ukraine aurait perdu un tiers de ses capacités d’exportation, et, dans la mer d’Azov, de nombreux navires ont été touchés par des drones ukrainiens et le canal Don-Azov a été fermé.

❚ L’USDA anticipe la plus faible production de blé aux États-Unis depuis 1970 sur la plus petite surface récoltée depuis 1970 sur la plus petite surface récoltée depuis 1877 ! La production 2026/27 serait de 1,536 milliard de boisseaux. Les États-Unis produiraient 16 milliards de boisseaux de maïs et 4,475 de soja.

❚ Les statistiques et prévisions de l’USDA sont de plus en plus soumises à caution dans la mesure où le ministère américain a perdu presque un tiers de ses employés, en particulier dans les fonctions d’analyse de marché.

❚ Sur la campagne 2025/2026, la Russie a exporté 52,7 Mt de grains par voie maritime (+ 13,4 %).

Produits tropicaux

❚ La Côte d’Ivoire a arrêté ses ventes de cacao sur la campagne 2026/2027. Pour l’instant, 1 150 000 tonnes avaient été fixées. Les ventes pourraient reprendre en juillet après les premières estimations de récolte.

❚ Au Brésil, les sucreries dont largement le choix de l’éthanol aux dépens du sucre. De 52 % la part du sucre dans l’utilisation de la canne était tombée à 45 % dans la deuxième quinzaine de mai. De son côté, l’Inde ne devrait plus exporter de sucre, au moins pour les trois années à venir du fait de l’impact d’El Niño, et, là aussi, de l’éthanol. L’Inde pourrait même devenir importatrice pour la première fois depuis dix ans.

❚ L’USDA anticipe une production record de 189,7 millions de sacs de café en 2026/2027 avec des exportations de 131 millions de sacs. La consommation mondiale serait de 179,7 millions de sacs.

❚ CITI anticipe les prix du sucre dans trois mois à 17 cents/lb et à douze mois à 19 cents. Pour le cacao, ce serait respectivement $ 5 000 et $ 6 000 la tonne. Enfin, pour le café arabica $ 2,50/lb et $ 2,25/lb.

❚ Le Brésil est directement touché par les nouveaux tarifs américains (25 %) sur le sucre et l’éthanol ainsi que le café en poudre.

❚ Le Brésil, où une récolte record de 66,7 millions de sacs de café était anticipée, El Niño pourrait avoir un impact de 15 à 20 % en baisse, notamment pour le robusta et les conilons.

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