Energie
❚ Dans son rapport publié début mai, la Banque Mondiale anticipe un prix moyen du pétrole Brent de $ 66 le baril en 2026, pouvant aller jusqu’à $ 115 si le détroit d’Ormuz était bloqué au-delà du mois de mai.
De son côté Goldman Sachs parle de $ 120 en fin d’année si le conflit dure au-delà de juin.
❚ Parmi les produits pétroliers bloqués dans le golfe Persique, il faut ajouter le bitume dont la pénurie commence à menacer la construction de routes en Inde, mais aussi en Corée du Sud et en Europe.
❚ La Russie aurait coupé les flux de pétrole du Kazakhstan qui alimentent la raffinerie allemande proche de Berlin (PCK), qui a été saisie par les autorités allemandes en 2022. Ce pétrole passait par l’oléoduc Druzhba.
❚ Pour le mois de mai, Aramco a fixé ses prix du pétrole vers l’Asie à $ 19,50 au-dessus de la référence Dubai-Oman et à $ 24/$ 30 suivant les qualités sur le Brent vers l’Europe.
❚ À peine sortis de l’OPEP, les Émirats appuient sur l’accélérateur : associé à Total, ADNOC va se lancer dans la production de pétrole, non conventionnel, c’est-à-dire plus ou moins « de schiste ». Et on commence à parler de 6 mbj !
❚ En prenant l’hypothèse d’un retour à la normale du détroit d’Ormuz à la fin mai, Rystad estime que le monde aura perdu entre 1,2 et 2 milliards de barils de pétrole, soit 16 à 27 % des stocks disponibles à la fin février. Le marché du GNL aurait perdu entre 30 et 50 Mt, soit à 7 % à 11 % de l’offre mondiale sur un an.
❚ Aux États-Unis, le prix du gaz à la sortie des puits est devenu négatif : une partie du gaz est un sous-produit du pétrole de schiste.
❚ La Chine « profite » de la crise pour diminuer ses exportations de produits raffinés vers le reste de l’Asie. En Mars, la Chine a exporté au total 2,58 Mt avec une baisse très nette pour l’essence et un peu moins marquée pour le kérosène. Les marges de raffinage ont plus que doublé depuis le début de la guerre à $ 45 le baril pour le diesel et $ 56,50 pour le kérosène.
❚ En Mars, les importations chinoises de pétrole ont été de 11,77 mbj, dont 10,5 mbj par voie maritime.
❚ Avant le départ, la part de la production mondiale de pétrole contrôlée par l’OPEP n’était plus que 44 % en Mars contre 48 % en février.
❚ D’après l’AIE, la guerre pourrait entraîner une perte de production de 120 milliards de mètres cubes (BCM). Entre 2026 et 2030 pour le GNL. Chaque mois de fermeture d’Ormuz représente 10 bcm de perte.
❚ D’après Kpler, les importations de pétrole brut en Asie diminueraient de 22 % en avril à 20,4 mbj. De ce fait, l’actualité des raffineries diminuerait autour de 28,5 mbj. Ceci affectera surtout les bruts de densité moyenne utilisés surtout pour la production de « middle distillates » (diesel, kérosène), dont la production pourrait diminuer de 500 000 bj. En mars et avril, les raffineries en Asie ont fonctionné 70 % de leur capacité contre 84 % en février.
Energie (suite)
❚ C’est de manière presque symbolique que l’OPEP+ a décidé d’augmenter de 188 000 bj ses quotas de pétrole pour juin. En avril, les importations asiatiques ont été de 19,39 mbj contre 27,52 mbj en février. Cela représente une perte de 8 mbj pour les raffineries asiatiques.
❚ En avril, le prix moyen du GNL en Asie (JKM) a été de $ 17,92 le mbtu contre $ 18,27 en Mars. Le TTF européen a été de $ 15,34 contre $ 17,99. Par contre, le Henry Hub en avril était à $ 2,25 !
Métaux
❚ Alors que le prix de l’aluminium bat des records grâce à la fermeture d’Ormuz, celui de l’alumine, déjà excédentaire (1,26 Mt en 2026 d’après Macquarie). L’excédent mondial pourrait augmenter à 2 Mt dans la mesure où les importations d’alumine dans le Golfe sont bloquées.
❚ L’INSG anticipe le premier déficit du marché mondial du nickel depuis 2021 en 2026. Après un excédent de 283 000 tonnes en 2025, le marché serait déficitaire de 3 200 tonnes en 2026.
❚ Les États-Unis et le Chili ont signé un protocole de coopération sur les métaux critiques, lithium, cobalt, cuivre…
❚ D’après le Silver Institute, le marché mondial de l’argent sera encore en déficit de 46 millions d’onces en 2026 malgré une baisse de 1 % de la demande pour les panneaux solaires et de 16 % pour la bijouterie.
❚ Pour les mineurs, le coût de l’acide sulfurique chinois était début mai en hausse de 204 % sur un an ! Mais ce peut-être un argument pour les smelters de cuivre dont l’acide sulfurique est un sous-produit, ce qui expliquerait le maintien très négatif des TC (à – $ 86 fin avril).
❚ D’après l’INSG, le marché du nickel serait enfin déficitaire en 2026 de 32 000 tonnes après trois ans d’excédents de l’ordre de 200 000 tonnes. La production mondiale diminuerait de 3,88 Mt à 3,71 Mt contre une demande qui augmenterait de 3,58 à 3,74 Mt.
❚ L’Argentine envisage de produire, à l’horizon 2035, 1,6 Mt de cuivre et 580 000 tonnes de carbonate de lithium.
❚ La hausse des prix du soufre a des conséquences pour les cours de production du cuivre et du nickel. Pour le nickel en Indonésie, cela représenterait une augmentation du coût de production des usines HPAL (High Pressure Acil Leak) de $ 4 000 la tonne à $ 18 000. Le soufre représente aussi 20 % des cash costs de production du cuivre SX-EW au Congo.
❚ Alors que la Chine a décidé d’arrêter ses exportations d’acide sulfurique, les charges de traitement (TC) ont atteint le niveau record en négatif de – $ 77 la tonne de cuivre. La Chine est le premier exportateur mondial d’acide sulfurique avec 4,65 Mt en 2025, 32 % destinés au Chili et 15 % à l’Indonésie.
❚ La production d’aluminium dans le Golfe a diminué de 6 % en Mars. Les deux principaux smelters (Émirats et Bahreïn) ont fait l’objet d’attaques. Et il n’y a plus d’alumine qui pénètre dans le Golfe. Certains anticipent un déficit mondial de 2 Mt avant la fin de l’année. Les primes sur le LME ont atteint des niveaux record de $ 2 (à la tonne aux États-Unis, de $ 600 en Europe.
❚ Le principal acheteur chinois de minerai de fer (CMRG) a levé l’embargo sur les « fines » produits par BHP.
Métaux (suite)
❚ Au premier trimestre 2026, la demande mondiale de l’or a augmenté de 2 % à 1 230 tonnes malgré un déclin de 23 % de la demande de la bijouterie. Le marché est stimulé par la demande de lingots et de pièces (un record de 473 tonnes). Un sondage de Reuter auprès d’analystes donne un prix moyen de l’once d’or de 2026 à $ 4916. (Un an plus tôt, la prévision était de $ 3 000 !).
Grains
❚ La Russie utilise la Caspienne pour exporter des céréales vers l’Iran. Pour la première fois depuis huit ans, il s’agit aussi de blé.
❚ L’Argentine devrait produire un record de 61 Mt de maïs sur 2025/26 (le précédent record était de 55 Mt en 2018/19). L’USDA ne prévoit que 56,5 Mt pour 2026/27. Par contre, la hausse du prix de l’urée risque de pénaliser la campagne 2026/27 de blé.
❚ D’après le China Agricuctural Outlook, les importations chinoises devraient diminuer en 2026 de 6,1 % pour le soja (et de 26 % à horizon 2035), de 8,2 % pour la viande porcine, de 3,9 % pour le bœuf et de 4,1 % pour les produits laitiers.
❚ L’Inde a doublé son quota d’exportation de blé de 2,5 à 5 Mt pour soutenir le marché local où les prix sont proches du niveau plancher fixé par le gouvernement. Les évaluations de la récolte indienne de blé vont de 115 à 120 Mt. En avril, l’Inde a commencé à exporter pour la première fois depuis quatre ans.
❚ La Chambre des représentants a voté un projet de Farm Bill. Ce texte a maintenu une proposition permettant d’attaquer en justice les fabricants de produits phytosanitaires.
❚ D’après Stone X, la production de soja du Brésil serait de 181,6 Mt en 2026/26 et celle de maïs de 127 Mt.
❚ Le marché de l’huile de palme continue de profiter des perspectives des biocarburants et sur le contrat de Kuala Lumpur, la balle des 5 000 ringgits la tonne devrait être franchie (et même 5 200 à la mi-juillet, soit au moins 25 % de hausse).
❚ L’Algérie a acheté 400 000 tonnes de blé à $ 270 cf la tonne, principalement de la mer Noire (la France est toujours boycottée).
Produits tropicaux
❚ La crise sur le marché des engrais touche les producteurs de cacao en Côte d’Ivoire. Les trois quarts des agriculteurs n’ont pas acheté d’engrais pour les campagnes à venir.
❚ La guerre affecte les exportateurs de thé du Kenya, dont le Moyen-Orient représente le quart des débouchés. Les stocks s’entassent au port de Mombasa où ont lieu les ventes aux enchères.
❚ Le prix des pistaches est en hausse de 20 % sur une année à $ 4,57/lb. L’Iran, qui dominait autrefois le marché mondial, ne représente plus que 20 % des exportations mondiales. La Californie, par contre, cultive 250 000 hectares, notamment dans la vallée de San Joaquin.
❚ L’Inde maintient son quota d’exportation de sucre à 1,59 Mt malgré l’impact attendu d’El Niño sur la mousson. 530 000 tonnes ont déjà été expédiées et 800 000 tonnes contractées.
