Energie
❚ Finalement, l’OPEP+ a décidé d’augmenter sa production de pétrole en septembre de 547 000 bj. Au total, on en est donc à 2,5 mbj : en avril, 138 000 bj, mai, juin, juillet, 411 000 bj, août, 548 000 bj et septembre, 547 000 bj.
❚ Les États-Unis ont imposé une vague de sanctions sur un ensemble de sociétés et de navires accusés de traiter du pétrole iranien et russe, tous liés à un proche du pouvoir iranien, Mohammad Hossein Shamkhani.
❚ L’Égypte a signé un accord de livraison à long terme de gaz naturel du gisement israélien de Leviathan. On parle de $ 35 milliards pour 130 milliards de mètres cubes jusqu’en 2040. On serait entre $ 8 et $ 9 le mbtu. L’Égypte pourrait ne plus avoir besoin d’importer du GNL.
❚ Alors que le différentiel sur le pétrole russe avait diminué fin juillet à $ 1,50 le baril (cf. Inde) pour livraison octobre, il est remonté en août à $ 2,70 le baril, ce qui a remonté l’intérêt des raffineurs indiens. Au premier semestre 2025, l’Inde a importé en moyenne 1,88 mbj de Russie avec un discount moyen estimé à $ 5 le baril.
❚ L’AIE estime que la production mondiale de pétrole augmentera de 2,5 mbj en 2025 pour une demande qui ne progresserait que de 680 000 bj. Pour 2026, la prévision de l’AIE est d’une augmentation de 1,9 mbj de l’offre et de 700 000 bj de la demande. En 2026, l’excédent total atteindrait 3 mbj. L’OPEP est sur une tout autre ligne avec une prévision de hausse de la demande de 1,38 mbj en 2026 et une augmentation de la production des États-Unis de seulement
130 000 bj.
❚ La flotte « grise » ou « fantôme » (shadow fleer) de tankers qui transporte les pétroles russes, iraniens et vénézuéliens compterait 1 200 à 1 600 unités (un cinquième de la flotte mondiale) dont 440 sont soumises à des sanctions.
❚ Le « Christophe de Margerie », un méthanier appartenant apparemment à un armateur inconnu de Daubai a chargé du GNL sur le combinat Arctic LNG2 (dont Total fut actionnaire…). Le navire est sous sanction et appartient à la flotte grise. Qu’en penserait Christophe ?
❚ D’après LSEG, la capacité mondiale de production de GNL passera de 590 bcm (milliard de mètres cubes) à 649 bcm en 2026 et 850 bcm en 2030. Cela provoquerait un excédent de 50 bcm en 2026 et de 200 bcm en 2030.
❚ Au premier semestre 2025, la Chine a mis en service 21 GW de centrales au charbon et a démarré la construction de 46 GW. Elle a aussi installé 212 GW de capacité solaire.
❚ Newmed, le propriétaire du champ de gaz naturel israélien Leviathan, a signé un accord de $ 35 milliards avec l’Égypte pour fournir à terme 12 bcm de gaz par gazoduc.
❚ En juin, la production de pétrole de l’OPEP+ a été de 41,56 mbj en hausse de 349 000 bj sur mai, alors que les quotas avaient été augmentés de 411 000 bj. Pour août, les quotas ont été augmentés de 548 000 bj et, pour septembre, il faut s’attendre encore à plus de 500 000 bj, ce qui ferait un total de 2,47 mbj depuis avril. Sur le premier semestre 2025, la Chine a importé 1,06 mbj de pétrole de plus que sa consommation, ce qui signifie une augmentation importante de ses stocks.
❚ En moyenne, le « breakeven » de production de pétrole issu des sables bitumineux du Canada est de $ 42 le baril contre $ 60 au moins pour les pétroles de schiste américains.
❚ D’après le secrétariat de l’OPEP, la demande mondiale mondiale de pétrole devrait augmenter de 1,3 mbj en 2025 à 105 mbj, puis à 106,3 mbj en 2026 et 111,6 mbj en 2029. Mais l’AIE anticipe 103,7 mbj en 2025.
❚ Le plafond de prix du pétrole russe a été abaissé par l’UE sur la base de 15 % de moins que la moyenne des prix pour le pétrole russe sur les 22 semaines précédentes soit au début juillet à peu près $ 47 le baril. Mais l’UE est allée plus loin en interdisant l’importation de produits raffinés à partir de pétrole russe, ce qui vise clairement les raffineurs indiens. Ainsi, Reliance a expédié en Europe 2,83 m de barils/mois de diesel et 1,5 mbm de kérosène. L’autre raffineur, Nayara, « proche » de Rosneft, est déjà sous sanction.
❚ Dans ses prévisions de juillet, l’EIA américaine anticipe un prix moyen du baril de pétrole Brent de $ 68,89 en 2025 et de $ 58,48 en 2026. Pour le WTI, ce serait $ 65 et $ 55. En août, l’EIA a revisé ses prévisions à la baisse : $ 51 en 2026 pour le Brent et $ 47 pour le WTI.
❚ La Russie joue avec les nerfs des marchés. Les navires chargeant du pétrole kazakh dans les ports de la mer Noire sont désormais soumis à des « autorisations » du FSB (l’ex-KGB). Sur le mois d’août, ce sont 1,66 mbj d’exportations qui sont concernées.
❚ Les périodes de prix négatifs de l’électricité se généralisent en Europe :
sur les cinq premiers mois de 2025, il y en a eu ainsi 404 heures en Espagne.
Métaux
❚ L’Australie envisage de mettre en place des prix planchers pour certains métaux critiques, comme les terres rares afin de soutenir la métallurgie locale.
❚ La commission du cuivre chilienne (Cochilco) estime la demande mondiale de cuivre raffiné en 2026 à 27 Mt (+ 2,7 %) dont 15,8 Mt pour la Chine. En 2025, le Chili produirait 5,58 Mt (+ 1,5 %).
❚ D’après le Fraunhofer Institut si le monde a extrait 650 Mt de cuivre entre 1910 et 2010, 100 Mt se trouverait toujours dans les déchets miniers (tailings) et plusieurs entreprises commencent à envisager leur exploitation.
❚ La Chine aurait pratiquement doublé ses réserves stratégiques de nickel avec 100 000 tonnes d’achats depuis décembre (essentiellement du « classe 1 » de qualité batteries). Il semble que les autorités chinoises profilent ainsi de la déprime du marché.
❚ Les exportations de minerai d’étain de l’État Wa (Myanmar) vers la Chine pourraient reprendre après deux ans d’interruption.
❚ Le Département américain de la Défense a garanti un prix plancher pour les terres rares produites par MP Materials pour les États-Unis. Ce prix est à peu près le double du prix du marché actuel. Le DoD va devenir actionnaire de MP à hauteur de 15 %.
❚ Les tarifs américains sur le cuivre seront probablement le plus lourd « but contre son camp » de Trump dans sa campagne tarifaire ! (analyse de Reuters). En 2024, les États-Unis ont importé
810 000 tonnes de cuivre raffiné. Mais à titre de précaution, les importations sur la première moitié de 2025 se sont élevées à 88 100 tonnes pour des besoins de l’ordre de 440 000 tonnes !
❚ Au Myanmar, il n’y a pas que l’étain de l’État de Wa ! Il y a aussi les terres rares lourdes (les plus stratégiques) de l’État Kachin, qui représentent près de la moitié de l’offre mondiale de minerai et qui sont traitées en Chine. L’armée Kachin se bat contre le gouvernement du Myanmar autour de la ville de Bhamo, à une centaine de kilomètres de la frontière chinoise et qui est l’épicentre de l’extraction des terres rares. Sur les cinq premiers mois de l’année, les importations chinoises ont diminué de moitié (surtout dysprosium et terbium).
❚ Au premier semestre 2025, la Chine a diminué de 4 % ses importations de minerai de fer à 604,8 Mt. Les autres importateurs importants ont été le Japon (43,8 Mt) et la Corée du Sud (34,6 Mt) ainsi que l’Europe (40,1 Mt). Au total, les importations totales par voie maritime ont diminué de 3 % à 8,8 Mt. L’Australie a exporté 460 Mt devant le Brésil à 179 Mt.
❚ Au premier semestre 2025, la Guinée a augmenté de 36 % ses exportations de bauxite à 99,8 Mt. La Chine contrôle 60 % de la production locale.
❚ En juin, les exportations chinoises d’antimoine et de germanium ont diminué respectivement de 88 % et de 95 % par rapport à janvier.
❚ Au premier semestre 2025, la Chine a exporté 58,1 Mt d’acier, une hausse de 9,2 % alors que la production chinoise de 514,18 Mt a diminué de 3 %. Baosteel estime que les exportations chinoises dépasseront les 100 Mt en 2025 malgré les tarifs douaniers.
❚ Fin juillet, un sondage de Reuters donnait un prix moyen du cuivre au dernier trimestre de 2025 de $ 9 500 la tonne (cash au LME). La moyenne de 2025 serait de $ 9 525 et de 2026 de $ 9 796. Pour 2025, l’excédent sur le marché ne serait plus que de 40 000 tonnes. Pour l’aluminium, l’excédent serait de 200 000 tonnes avec un prix au dernier trimestre 2025 de $ 2 500 la tonne. Excédent aussi pour le zinc à 80 000 tonnes pour un prix de $ 2 700 la tonne.
❚ Citibank a relevé son estimation du prix de l’or à
$ 3 500 l’once d’ici la fin de l’année (dans une fourchette $ 3 300/$ 3 600).
❚ La Chine devrait voir sa production de cuivre raffiné augmenter encore de 7 % à 12 % en 2025 au-delà du record de 13,64 Mt de 2024. Au premier semestre 2025, les importations de concentrés ont augmenté de 6,4 %, mais la production du raffinage a augmenté de 9,5 %.
❚ La décision de Donald Trump de limiter les tarifs sur le cuivre aux seuls produits transformés et donc de ne pas les appliquer au cuivre raffiné a plongé le marché américain dans la tourmente. Les États-Unis important 400 à 500 000 tonnes de produits transformés, mais 900 000 tonnes de métal raffiné. Le contrat du CME s’est effondré de 20 %. Ceci étant, des tarifs sur le cuivre raffiné ne sont pas exclus, mais à l’horizon 2027 (à 15 %) et 2028 (à 30 %).
❚ Malgré la hausse des prix, la demande d’or continue à progresser, de 3 % au second trimestre en base annuelle d’après le WGC. Et cela alors même que les achats des banques centrales ont été en diminution. Les prix de l’or ont aussi grimpé aux États-Unis sur la rumeur de taxes douanières sur les lingots d’or en provenance de Suisse (taxée à
39 %…).
Grains et produits tempérés
❚ Sur les six premiers mois de 2025, les exportations agricoles des États-Unis vers la Chine ont diminué de 53 %, de 51 % en ce qui concerne le soja. À l’inverse, les États-Unis devraient augmenter leurs exportations vers les pays de l’Asie menacés par les tarifs. Ainsi, l’Indonésie s’est engagée à acheter 1 mt de blé américain (693 000 tonnes en 2024), le Bangladesh 700 000 tonnes. Le Vietnam s’est engagé à acheter $ 2 milliards de produits agricoles américains (surtout du maïs). On parle d’un million de tonnes de maïs pour la Thaïlande et de 2 Mt de soja. Tout ceci se fera aux dépens de l’Australie, de l’Argentine et de la mer Noire.
❚ Dans le cadre du « On and Big Beautiful Bill », les farmers n’ont pas été oubliés. Le prix garanti (ex-loanrate) augmente de 14 % pour le blé à $ 233 la tonne, celui du maïs de 4 % à $ 174 et celui du soja de 11 % à $ 393.
❚ Le riz reste un point de blocage des négociations tarifaires entre le Japon et les États-Unis.
❚ Sur la campagne 2024/2025, la Russie a exporté 53 Mt de céréales, dont 44 Mt de blé. Pour 2025/2026, l’agence Sovecon anticipe des exportations de 42,9 Mt de blé pour une production de 83 Mt.
❚ Pour la première fois, l’Argentine a expédié une cargaison (30 000 tonnes) de tourteau de soja vers la Chine. Le marché chinois était ouvert depuis 2019, mais c’est la première opération de ce type (opérée par Bunge). À la différence du Brésil, l’Argentine triture ses graines de soja et exporte huile et tourteau (27,2 Mt en 2024). La Chine a aussi ouvert la porte à des importations de tourteau en provenance d’Uruguay, de Russie et… d’Éthiopie ! Mais la Chine importe aussi des graines d’Argentine et d’Uruguay : 10 Mt pour la saison 2025/2026 !
❚ On commence à s’inquiéter en Malaisie, mais aussi en Indonésie du vieillissement des arbres producteurs d’huile de palme. On estime en Malaisie que près de la moitié des arbres des petits planteurs ont dépassé l’âge de leur pic de production (20 à 25 ans). Les exportations combinées de Malaisie et d’Indonésie pourraient diminuer de 20 % entre 2024 et 2030.
❚ Sur la campagne 2025/2026, le Brésil pourrait augmenter encore sa production de soja à 177,2 Mt (+ 2,5 %) selon Celeres consultoria, avec des exportations de 110 Mt. Stone X anticipe 178,2 Mt avec 2 % d’augmentation des surfaces. Pour le maïs, sur 2024/2025, le Brésil aurait produit 137 Mt avec un potentiel d’exportations de 40 Mt.
❚ Le marché chinois est désormais fermé au colza (canola) canadien avec des tarifs de 78,5 % ! En 2024, le Canada avait exporté pour $ 3,6 milliards de graines de colza vers la Chine. Les Chinois parlent de dumping… Du coup, la Chine a acheté pour la première fois depuis 2020 une cargaison de colza australien.
❚ Les prix mondiaux du riz sont en forte baisse avec le retour de l’Inde sur le marché mondial : 26 % de baisse depuis la fin 2024.
Produits tropicaux
❚ Pour la campagne 2025/2026, la Chine restera le premier producteur mondial de coton (24 % de 25,9 Mt) devant l’Inde (21 %) et le Brésil (15 %). Le Brésil restera quant à lui le premier exportateur mondial (32 %) et le Bangladesh le premier importateur (19 %). L’ICAC anticipe un prix moyen de 73 cents/lb.
❚ Le Conseil du café et du cacao de Côte d’Ivoire a réduit à 1,2 Mt son quota de contrats à l’exportation de cacao pour la récolte principale 2025/2026. À la mi-août, 950 000 tonnes étaient déjà vendues.
❚ D’après l’agence publique Conab, la production de sucre du Brésil en 2025/2026 serait de 44,5 Mt (+ 0,8 %) alors que la récolte de canne diminuerait de 1,2 % à 668 Mt, mais la production d’éthanol de canne diminuerait de 8,8 %.
❚ Les États-Unis auraient accepté d’exonérer des 19 % de tarifs douaniers, l’huile de palme, le cacao et le caoutchouc d’Indonésie.
❚ On estime que la contrebande du cacao affecte près de 500 000 tonnes de production en provenance du Ghana et surtout de la Côte d’Ivoire.
❚ L’ISO anticipe un déficit mondial de sucre de 231 000 tonnes seulement en 2025/2026 (après 4,88 Mt en 2024/2025. La production augmenterait de 3,1 % à 180,59 Mt et la consommation de 0,4 % à 180,82 Mt.
❚ Coca-Cola va revenir au sucre pour ses boissons aux États-Unis après des décennies à utiliser de l’isoglucose (HFCS).
