Le 8 juin, le minerai de fer a atteint plus de $ 105 la tonne (cf Chine), une hausse de 30 % depuis le point bas du 23 mars ! Ceci étant sur le marché à terme de Singapour, le marché est en nette backwardation. Et les importations chinoises en mai ont diminué de 9 % à 87,04 mt (mais la hausse reste de 5,1 % sur les cinq premiers mois de l’année).

Il a plu en Australie ! Les perspectives céréalières s’améliorent et l’ABARES anticipe une récolte de blé en 2020/2021 de 26,7 mt contre une première estimation de 21,3 mt. L’Australie produirait aussi 10,6 mt d’orge (9,1).

L’Inde, le premier importateur mondial d’oléagineux (pour $ 10 milliards chaque année) envisage de relever sas droits de douane pour encourager la production locale. Les droits actuels sont de 37,5 % et 45 %. Pour les huiles de palme brutes et raffinées (9 mt importées) et 35 % pour les huiles de soja, colza et tournesol (6 mt).

En avril, les États-Unis ont exporté un record de 264 000 tonnes de porc, dont 112 000 tonnes sur la Chine, un niveau jamais atteint auparavant.

Il y a plus d’un mois d’attente pour les navires au large du port de Santos pour charger du sucre, alors que l’extension du Covid au Brésil fait craindre des problèmes logistiques pour le premier exportateur mondial : 3 mt sont à charger. Le contrat de mai à New York s’est terminé par des mises en filières de 2,26 mt qui doivent être livrés au pus tard fin juillet aux acheteurs (COFCO et Wilmar notamment).

D’après un sondage Reuters, les exportations de blé de la mer Noire sur la campagne 2020/2021 resteraient stables à 60,2 mt pour une production de 115,2 mt.

Le marché du cuivre, en plein rebond, est soutenu par la baisse de la collecte de métaux recyclés due au Covid. Trafigura estime que cela représenterait 700 000 tonnes d’équivalent cuivre.

Goldman Sachs anticipe que l’or pourrait atteindre $ 2 000 l’once en 2021.

En mai, la production mondiale d’acier a diminué de 8,7 % malgré une augmentation de la production chinoise de 4,2 %. La Chine a produit 92,3 mt sur un total mondial de 148,8 mt. Aux États-Unis la production a diminué de 36,6 %, en Europe de 26,8 % et au Japon de 31,8 %. La production indienne a diminué de 39 %.

D’après Oil World, la demande mondiale d’huile de palme diminuerait pour la première fois de l’histoire récente de 3 % (2,2 mt) sur la campagne 2019/2020.

L’ICAC anticipe une baisse de 11,3 % de la consommation mondiale de coton en 2019/2020. La production devant augmenter de 2 %, l’excédent mondial sur la campagne serait de 3,2 millions de tonnes.

Tesla serait en train de négocier un accord avec Glencore portant sur la fourniture de 6 000 tonnes par an de cobalt respectant les critères de l’initiative de l’OCDE pour les minerais responsables.

En 2019, la production mondiale d’aliments pour animaux (bétail) a diminué de 1,1 % à 1 265 mt du fait de la baisse de la production en Asie avec la peste porcine africaine (– 11 % sur les aliments porcins).

Un nouveau processeur bal des records : 54 milliards de transistors sur une puce de 823 mm2. Au début de l’histoire de CyclOpe, la puce de référence était de 64 k (64 000) !

En mai, la Chine a produit 57 % de l’aluminium mondial. Sur les cinq premiers mois de l’année, le rythme de production en base annuelle a été de 36,56 mt. L’autre point chaud est le golfe Arabo-Persique où la production est en hausse de 13 % sur les cinq mois notamment à Barhain.

De tous les métaux, c’est l’étain qui a été le plus touché par les fermetures de mines et de raffineries (Pérou, Bolivie, Malaisie) affectant 17 % de l’offre mondiale. Le zinc a été aussi affecté notamment au Pérou. Ce pourrait être maintenant le tour du cuivre avec le développement du Covid au Chili dans un climat social tendu.

BHP a réalisé sa première vente de minerai de fer au Chinois Baosteel en utilisant la technique de la « blockchain » à partir de la plateforme Minehub.

À la fin de la prochaine campagne (juin 2021), la Chine devrait avoir un stock de clôture de blé de 162 mt. C’est en partie le résultat d’un prix de soutien intérieur de $ 316 la tonne (2 240 yuan).

En 2020, le Brésil aura récolté 246,9 mt de grains (céréales, oléagineux, légumineuses), en hausse de 1,8 % par rapport à 2019 : 119,4 mt de soja.

Débat aux États-Unis quant à la réalité des emblavements de printemps qui seraient plus faibles qu’anticipés notamment pour le maïs. En réalité, il semble que les agriculteurs américains aient délaissé quelque 5 millions d’acres restés inutilisés.

Fin juin à Shanghai, le cuivre à 49 480 yuans la tonne était à un cheveu de $ 7 000, en hausse de 39 % par rapport à la cotation du 23 mars. À Londres, il ne cotait que $ 5 780 en hausse de 32 % par rapport au 19 mars.

Le marché du vin a été une victime collatérale du Covid en particulier à Bordeaux. Pour les grands vins, les primeurs ont été offertes avec une baisse des prix de l’ordre de 15 à 30 % suivant les crus. Mais la situation est bien pire pour les producteurs de Bordeaux AOC. La barrique de 900 litres est tombée à moins de 700 euros alors que les coûts de production sont estimés entre 1 100 et 1 400 euros. 500 000 hectolitres ont été distillés. Le Bordeaux finit en éthanol !

 

Énergie

Pour le mois d’août, on s’attend à l’annulation de 40 à 45 chargements de GNL en provenance des États-Unis vers l’Asie et l’Europe. Les prix européens sont de $ 0,1 le mbtu supérieur au HenryHub ce qui représenterait une perte potentielle pour les importateurs de $ 5 alors que les frais d’annulation sont de l’ordre de $ 3. Sur le TFF on était début juin à 3,7 euros le M6w contre 16 à 17 à l’été 2019. Les capacités de stockage en Europe sont proches de la saturation. On parle là aussi de prix négatifs (il y en a déjà eu sur le marché britannique en 2006).

Les chemins du pétrole sont éclairants : en plein embargo américain, il se confirme que la Chine a continué d’importer du brut vénézuélien (utilisé notamment pour la production d’asphalte). Les tankers étaient chargés au Venezuela pour le compte de sociétés de négoce au premier rang desquels Rosneft Trading. Ces navires transféraient leurs chargements au large de la Malaisie dans des navires qui livraient du pétrole « malaisien » à la Chine. Ce fut le cas en février d’un tanker battant pavillon du Panama, géré par une société grecque et appartenant à un armateur immatriculé aux Îles Marshall. La cargaison appartenait à un négociant mexicain qui a depuis fait faillite. Elle fut rechargée sur un tanker battant pavillon du Liberia géré par une société de Lagos au Nigeria. À la mi-juin, ce navire était en route vers Qingdao… Une jolie histoire…

Effondrement malgré tout des exportations vénézuéliennes à 325 000 bj sur la première quinzaine de juin. De moins en moins d’armateurs acceptent le risque des sanctions américaines : les seuls acheteurs en dehors de Cuba sont encore ENI et Repsol.

À la mi-juin, les stocks américains de pétrole ont atteint le niveau historique de 538 millions de barils du fait de l’augmentation des importations en provenance d’Arabie saoudite (1,5 mbj) et de la baisse des importations. Sur mai et début juin, les États-Unis ont été importateurs nets de 1 mbj. De son côté, l’EIA prévoit un déclin plus marqué de la production américaine en 2020 à 11,56 mbj (- 670 000 bj). La production totale de liquides diminuerait encore plus. L’EIA prévoit aussi une baisse de 8,3 mbj de la consommation mondiale en 2020.

L’AIE affine ses prévisions de demande de pétrole pour 2021 à 97,4 mbj, 5,7 mbj de plus qu’en 2020, mais 2,4 mbj de moins qu’en 2019. L’AIE souligne notamment la poursuite de la baisse de la demande du transport aérien. L’OPEP de son côté chiffre à 11,9 mbj la baisse de la demande au premier semestre 2020 et encore à 6,4 mbj au second semestre. L’OPEP estime que le marché reste encore excédentaire sur la base des chiffres de mai d’au moins 600 000 bj. Mais il faudra tenir compte aussi de la reprise de la production américaine estimée à 500 000 bj à la fin juin (après à peu près 2 mbj de coupures).

D’après l’IEA, la demande mondiale de gaz naturel diminuerait aussi de 4 % en 2020, soit 75 milliards de mètres cubes, l’équivalent de l’augmentation de 2019.

L’Arabie saoudite va arrêter en juillet de limiter sa production au-delà de son quota OPEP : en mai et juin, l’Arabie saoudite avait volontairement réduit sa production de pétrole de 1 mbj supplémentaire (1,18 mbj avec le Koweït et les Émirats). Par contre, l’OPEP+ a décidé de reconduire sur juillet ses coupures de 9,7 mbj. Par ailleurs, l’Arabie saoudite a augmenté ses prix de vente sur juillet passant d’une prime négative de 20 cents sur le baril moyen Oman/Dubaï à une prime positive de $ 5,90, soit une hausse considérable de $ 6,10. Cela va rendre compétitif le WTI américain face à l’Arabian Light.

En mai, plusieurs pays membres de l’OPEP+ ont dépassé leurs quotas de production de pétrole, ce qui illustre bien leurs difficultés : l’Irak de 520 000 bj), le Nigeria (120 000 bj), l’Angola (130 000 bj), le Kazakstan (180 000 bj) et même la Russie (100 000 bj) !

En mai, la Chine a importé un record de 11,296 mbj de pétrole brut (9,84 en avril, 9,47 en mai 2019). Le taux d’utilisation des raffineries est remonté à 71,27 % pour les sociétés d’État et à 76,12 % pour les raffineurs indépendants. Au total, 13,63 mbj auraient été raffinés en mai. En juillet, la Chine devrait enregistrer des importations record en provenance des États-Unis (2,68 mt), résultat des achats « en solde » faits pas les Chinois fin avril (avec des coûts cf Chine bien inférieurs à $ 30 le baril).

Sur un an, le nombre de forages de pétrole et de gaz en activité aux États-Unis a diminué de 73 % d’après Baker Hugues : 265 au plus bas historique fin juin contre 967 un an plus tôt.

D’après Rystad, le « peak oil » en termes de production devrait intervenir dès 2027/2028. La baisse de la demande et l’effondrement des investissements pétroliers en seraient les principales causes. Un autre consultant norvégien DNV GL estime que jamais la demande mondiale de pétrole ne dépassera plus le niveau atteint en 2019.

Forte baisse des prix du charbon. L’indice de Newcastle (Australie) est au plus bas de la décennie à $ 48 la tonne, une baisse de 31 % depuis la mi-janvier. Le charbon indonésien est, quant à lui, au plus bas depuis le début de sa cotation en 2008, à $ 24 la tonne. La raison en est la forte baisse des importations de l’Inde et l’anticipation d’une diminution des achats chinois.

En juin, l’OPEP n’a produit que 22,62 mbj de pétrole, 1,92 mbj de moins qu’en mai. Par rapport aux engagements pris de réduction de 6,08 mbj par rapport à octobre 2018, l’OPEP est à 6,52 mbj, ceci grâce à l’Arabie saoudite, aux Émirats et au Koweït qui ont retiré plus de 1 mbj supplémentaire du marché et qui ont compensé les dépassements de l’Irak et du Nigeria. Par contre, la production a encore baissé au Venezuela et en Libye.

Le programme de « hedge » que réalise le Mexique sur ses revenus pétroliers devrait rapporter $ 6 milliards en 2020. Mais il risque de coûter beaucoup plus cher en 2021… En général, le gouvernement mexicain achète des options de vente (put) sur la base du Brent. À mi-juin le baril de Maya mexicain était à $ 34 contre $ 38 pour le Brent.

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